les calvaires, un patrimoine chrétien oublié dont les maires ont la responsabilité

Là, sur le carrefour, à l’ombre d’un grand chêne, se dresse une croix de pierre. Le temps a patiné le grès, les inscriptions sont effacées, mais la silhouette demeure. Depuis des décennies, parfois depuis des siècles, elle veille sur le village. Ces croix font partie du paysage français. Elles ponctuent les routes, marquent les entrées de hameaux, gardent la mémoire de missions, de drames ou de reconnaissances. Elles racontent à leur manière la longue histoire des villages.

Disparition de la mémoire

Ces témoins silencieux disparaissent peu à peu. Les socles s’effondrent, la pierre se fissure, la végétation les recouvre. Leur disparition est lente, presque invisible, comme si une partie de la mémoire des campagnes s’effaçait discrètement. Et pourtant on ne mesure jamais assez combien les Français aiment leur patrimoine. Dans les campagnes, ces croix comptent parmi les derniers repères visibles d’une histoire commune.

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Les maires porteront la responsabilité très concrète de veiller au patrimoine de leur commune

Les commerces ont fermé, l’école a parfois disparu, la vie du village s’est déplacée ailleurs. Mais le clocher, la mairie et le calvaire subsistent encore. Ils sont les signes tangibles d’une continuité. Chez SOS Calvaires, nous en faisons l’expérience : chaque semaine, des maires nous sollicitent pour sauver une croix qui menace de tomber. Chaque jour, des habitants nous écrivons pour signaler une croix abandonnée. Ces appels disent tous la même chose : ce patrimoine compte encore.

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Le 15 et 22 mars prochain, les Français éliront leurs maires qui porteront la responsabilité très concrète de veiller au patrimoine de leur commune. Certains pensent que la laïcité empêcherait l’entretien ou la restauration des monuments religieux. C’est faux. La loi de 1905 ne s’oppose pas à la conservation du patrimoine religieux ancien. Bien au contraire. Le Conseil d’État a rappelé en 2017 que les signes religieux présents dans l’espace public avant 1905 font pleinement partie du patrimoine des collectivités et peuvent être entretenus, restaurés ou remplacés.

Les communes ont donc le droit d’engager les dépenses nécessaires à l’entretien et à la conservation des édifices cultuels et du patrimoine religieux dont elles sont propriétaires. Mieux encore : lorsqu’un monument appartient au domaine public communal, la collectivité a une obligation générale d’entretien de son patrimoine. Autrement dit : restaurer un calvaire n’est pas une entorse à la laïcité. C’est simplement assumer la responsabilité de son patrimoine.

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Une somme de gestes modestes

Bien souvent, ces restaurations sont d’ailleurs beaucoup plus simples qu’on ne l’imagine. Il ne s’agit pas de grands chantiers spectaculaires, mais de gestes modestes : consolider un socle, nettoyer la pierre, redresser une croix, refaire une inscription effacée par le temps. Ces travaux peuvent être menés avec des artisans locaux, avec des bénévoles, avec l’aide d’associations spécialisées.

Restaurer un calvaire produit presque toujours un effet inattendu : le village se rassemble

Mais au-delà de la pierre elle-même, restaurer un calvaire produit presque toujours un effet inattendu : le village se rassemble. Des habitants viennent prêter main-forte, des jeunes découvrent l’histoire du lieu, des anciens racontent les processions ou les fêtes d’autrefois. Un chantier de restauration devient un moment de transmission.

À l’approche des élections municipales, il est donc essentiel de rappeler aux futurs maires qu’ils sont les premiers gardiens de ce patrimoine de proximité. Ils ont la possibilité d’agir. Ils verront alors que ce n’est pas seulement une croix que l’on restaure : c’est un fragment d’histoire que l’on rend au village.


SOS Calvaires est une association d’intérêt général qui œuvre pour la restauration et la sauvegarde du patrimoine chrétien en France.

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